
À ce stade, il faut s’interroger, non ? J’envisage trois hypothèses à mon insuccès :
1°) Le monde de la BD est pourri de l’intérieur, c’est piston et compagnie, aucune chance de réussir sans connaître les bonnes personnes. Dans ce cas, je n’ai aucun réseau ni possibilité de m’en constituer un : c’est foutu.
2°) Je n’ai pas eu la chance de rencontrer le bonnes personnes. Alors là, il suffirait d’attendre d’avoir un (gros) coup de bol, pour, peut-être, envisager, éventuellement… Mouais. Je suis lassé d’attendre : c’est foutu.
3°) Je suis mauvais. Mon caractère modeste me pousserait naturellement vers cette troisième solution. Mais, dans ce cas, à mon âge, après tant d’années de travail, si je ne suis toujours pas au niveau, autant dire que… c’est foutu, oui. (C’est bien, vous suivez.)
Il est clair que, quelque soit la raison, je n’ai pas de solution. « Trente ans, c’est un âge où il faut avoir réussi ou abandonner » disait Gainsbourg, fort à propos. Je pense, tout comme lui – mais c’est récent – qu’il faut savoir s’avouer vaincu. Le noble art de la BD ne veut pas de moi, dont acte, j’en tire les conséquences.
Je n’arrive de toutes manières plus à dessiner depuis plusieurs mois. Chaque fois que je prends un crayon, je pense « Ah quoi bon ? » et je le repose. Je préfère finalement faire autre chose – lire, faire du vélo, de la pâtisserie, de l’origami ; autant d’activités que j’avais laissées de côté pour consacrer tout mon temps au dessin. Et je retrouve le plaisir que j’avais dans la BD autrefois et que j’ai perdu.
J’arrête. Fini le dessin, la colo sous photoshop, le blog sans lecteurs, les délais à tenir (comme un pro, mais sans la rémunération). Stop, je suis à bout. Je vais me consacrer à autre chose durant un temps indéterminé, et, qui sait ? peut-être y reviendrais-je… ou pas.
Tchô la BD.
Comme le disait Valéry :
AuRevoir par eminencegrise